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Le livre |
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"Le sujet n'est pas ce qui importe.Ces
belles endormies, ce n'est pas parce qu'elles dorment qu'elles nous apaisent.C'est
parce qu'elles sont belles; c'est parce qu'elles sont vraies.Les paysages
et les groupes, reproduits dans [
] ce livre, peuvent nous donner
le même sentiment, celui d'un plaisir en repos, comme dirait Épicure,
celui d'une détente heureuse, ou presque heureuse, celui d'un grand
calme, dont on sait bien qu'il ne va pas de soi, d'un grand silence, d'une
grande simplicité, malgré la complexité de l'art
et du réel, malgré la difficulté de vivre et de peindre
Cela fait comme un sourire, sur la misère des hommes.Comme une
paix, dans le tumulte.Comme une lumière, sur la beauté du
monde." "L'air, c'est d'abord le
plein air, le grand air, le bon air, celui des petits oiseaux, de l'espace,
du ciel. Il est à profusion dans les toiles de Marie Laurence.
On ne songe pas toujours à le remarquer parce que d'autres impressions
priment, mais c'est précisément cette présence discrète
qui en est la condition. Il est bon de le souligner, car la transparence
impondérable de l'air et l'habitude que nous avons de le respirer
sans en faire cas pourraient laisser croire à l'artiste qu'il est
inutile de le peindre. [...] Regardez Le pré en Aubrac, L'été
à Saint-Basile, La ferme auvergnate, l'air n'y est pas ce vide
invisible, cette absence de matière, cette transparence plus ou
moins pure mais sans épaisseur, cet élément négligeable
et comme ignoré de la composition; il est au contraire palpable,
dense, il fait partie du paysage comme ces collines, ces arbres, ces vallons,
ces bâtisses, et ce ciel dont il est un commencement. Ainsi, entre
notre il et la ligne d'horizon, il y a plus que l'espace dont la
perspective suffit à donner l'illusion, plus que la profondeur
où la lumière s'abîme, plus que la beauté splendide
de la nature, il y a cette masse d'air translucide, élastique et
compacte dont le tableau est plein. On pourrait, semble-t-il, y mordre
comme en un fruit. Au sens électrique du terme, cet air?là
est conducteur: il met notre regard en contact avec chaque plan du tableau
jusqu'au plus lointain, d'où cette impression de plus complète
possession. Est-ce à cause de cela que certains paysages nous invitent,
par mimétisme, à respirer plus largement, plus profondément?
à éprouver, par un phénomène de correspondances
baudelairiennes, des sensations autres que visuelles ? Car, et c'est le
tour de force de l'artiste comme la marque de sa sensibilité attentive
et déliée, cet air-là a une température: il
est frais, froid, torride, tiède; il a une qualité tactile:
il est humide, vaporeux, sec, piquant, doux, poussiéreux, cristallin;
il a un pouvoir: stimulant, apaisant, revigorant, enivrant. Et c'est lui
sans doute qui confère à cette peinture sa première
vertu, la plus utile, la plus féconde, la plus solaire: la santé." "Ce que proclame la peinture de
Marie Laurence Gaudrat, c'est le triomphe de la vie sur les forces malveillantes
qui, de siècle en siècle, mutilent et nient l'humanité.Elle
le fait sans tapage, de manière presque insidieuse et d'autant
plus envoûtante.Elle sait saisir ces moments de sérénité,
de paix et de douceur que nous connaissons même dans les pires tumultes.Elle
montre l'opiniâtre désir d'aimer et d'être aimé
qui est en chacun de nous.Elle nous murmure que la vie pourrait être
ainsi si nous le voulions bien."
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