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Qu'elle peigne un paysage, une nature morte ou un portrait, c'est toujours pour en dégager un principe de joie, de santé, de délectation, de plénitude heureuse. Ses paysages d'après nature sont de véritables actions de grâce pour l'air, la lumière et l'espace. Ses natures mortes célèbrent, à l'instar d'un Francis Jammes, " la beauté que Dieu donne à la vie ordinaire ". Ses portraits nous révèlent la face paisible, épanouie, rêveuse, des individus, ce qui chez eux sourit, même dans le sommeil. Et en tout, elle nous fait entendre ce qui chante, même dans le silence. Ce n'est pas mièvrerie, sentimentalisme ou optimisme de façade, c'est, chez ce peintre puissant et charnel, surcroît de lucidité, de conscience et de foi. uvre solaire, salubre, salutaire et lyrique comme on voit. Jacques Mougenot, Eléments, n° 107, décembre 2002. *** Elle peint les êtres, la nature, les choses, tels que dans la vie, mais à travers sa sensibilité personnelle : des jeunes femmes reposant au jardin, telle autre attentive au piano dans l'ombre de la demeure, la nature ensommeillée sous la chape de la neige ou les arbres s'éveillant au printemps. Ainsi dit-elle les choses de la vie, dans une technique apparemment simple tant elle est maîtrisée, et d'ailleurs diversifiée par la brosse ou le couteau à peindre selon les thèmes, les choses de la vie dans la vérité de leurs tons locaux mais subtilement réorchestrés, en majeur quand elle partage le plaisir de Bonnard, en mineur quand c'est la nostalgie de Balthus. E. Benezit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, vol. 5, p.906, 1999. *** Marie Laurence Gaudrat, dont une récente exposition a confirmé, s'il était besoin, le talent, la rigueur et l'intégrité, réalise pleinement, dans, sa peinture, cette harmonie fondée sur cette complémentarité de l'ombre et de la lumière, sur cette consonance des tons, qui rendent le monde vivable et respirable. Il y a quelque chose d'intensément religieux dans ces tableaux où règne une manière de silence, où les murs et les toits d'un village s'accordent à l'épaisseur de la terre et à la subtilités des ciels, où la courbe du front d'une jeune femme pensive épouse la retombée des branches d'un arbre, où le simple spectacle de la rue même donne comme l'image d'une Jérusalem céleste. Je ne sais rien des croyances de Marie Laurence Gaudrat, mais ce dont je suis sûr, c'est que son art, âprement, patiemment, consciemment élaboré et construit, fait advenir l'immutabilité du réel, c'est-à-dire du bien et du beau, par delà la fugacité et l'incohérence du monde et des choses. Le patrimoine spirituel légué par Poussin, Corot ou Cézanne est en de bonnes mains. Michel Marmin, Eléments, n° 94, février 1999. *** Avec les années, la brosse a gagné en largesse. Les jaunes de chrome se fondent librement dans les masses émeraudes des feuillages. Les reflets colorés d'un plat de faïence ocre, de quelques pommes vermillonnées, qui se gravent dans le métal froid de la cafetière, sont devenus plus incisifs. La margelle du lavoir fixe dans ses ombres une déclinaison de gris bleutés qui trahit l'usure du temps. Sûre désormais de ses moyens, Marie Laurence Gaudrat poursuit, de toile en toile, sa quête d'une expression propre, en retenant dans la texture granuleuse de sa pâte la plénitude d'un instant de bonheur. Sa récente exposition consacrée aux vieux quartiers de paris, de la place Saint-Sulpice au marché d'Alésia, témoigne de cette originalité profonde, qui, pour un peintre, est autant dans son intellect que dans son regard. Un point de vue singulier suffit parfois pour modifier l'apparence du site le plus familier. Le dôme de l'Institut, considéré, de bas en haut, depuis le petit square voisin, prend, sous la lumière dorée du printemps, le profil d'une coupole romaine. Une composition toute en frise, avec un point de fuite décentré et placée très loin dans la toile, comme La rue de l'Arbalète, révèle une solidité des valeurs d'ascendance masacienne. Avec ses ombres trouées de lumière et ses lumières plaquées d'ombres, les vieux pans de murs des immeubles, un tantinet de guingois, presque affaissés sur eux-mêmes, dissimulent une scénographie originale sous les apparences de la tradition. Patrice Dubois, Univers des Arts, n° 6, avril 1995. *** Par son souci de justesse à peindre le réel, Marie Laurence Gaudrat est une "romancière" de la peinture au sens de la discipline de l'École française : jeune fille lisant à l'ombre d'une fontaine à l'heure de midi sur une place de Provence, regard de femme dans la glace d'un mas vers une autre femme qui dort à l'heure du farniente. La vie est peinte, immobile, dans la saveur des transparences, des demi-tons. Rien de fortuit dans cet art qui n'élude aucune des valeurs picturales : dessin, forme, couleur, composition, matière Gaudrat allie l'ordre et la vérité dans une sérénité éloquente, une grandeur mesurée, sans excès, sans lâché de forme. La matière est grenue, lentement travaillée pour donner les plus tendres roses ombrés, des gris bourrachés translucides et perlés, des violets cendrés, des blancs cassés et baptismaux. Au loin dans le jeu des dégradés, gouttent la lumière et les ocres mordorés. Une vérité peinte empreinte de charme. Chaque personnage est dans ses réflexions, ses pensées, ses rêves, chaque paysage est dans la juste atmosphère. Guy Vignoht, Arts Actualités Magazine, mars 1991. *** Ce point de départ pris dans
la réalité est aussi le propre des paysages de Gaudrat.
Tantôt le tableau éclate, Christophe Nemoz-Rajot, Les Affiches (Grenoble), 1986. *** Marie Laurence a acquis
ainsi, à force d'observer la nature, de décanter ses sensations
un sens particulier des formes : de leur essence et de leur imbrication.
Elle sait les lier dans leur rythme, leur ton propre et surtout leur valeur.
Les effets de matière qu'elle varie en fonction des moments du
tableau, alternant les plages au couteau et celles à la brosse,
et parfois les conjuguant, donnent à sa peinture une cohérence
d'expression singulière. Patrice Dubois, Hospitalisation Privée, n° 228, décembre 1982 - janvier 1983.
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