{"id":8315,"date":"2021-04-27T12:50:24","date_gmt":"2021-04-27T12:50:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ml-gaudrat.com\/writings\/"},"modified":"2022-04-27T14:07:33","modified_gmt":"2022-04-27T14:07:33","slug":"writings","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.ml-gaudrat.com\/en\/writings\/","title":{"rendered":"Writings"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-page\" data-elementor-id=\"8315\" class=\"elementor elementor-8315 elementor-1292\" data-elementor-post-type=\"page\">\n\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-2da7de82 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"2da7de82\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-no\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-1f277144\" data-id=\"1f277144\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-4a69411 elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"4a69411\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h2 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">TALK<\/h2>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-3219ebc elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"3219ebc\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h1 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">WRITINGS<\/h1>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-inner-section elementor-element elementor-element-718616e1 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"718616e1\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-0169262\" data-id=\"0169262\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-27369ce elementor-widget elementor-widget-spacer\" data-id=\"27369ce\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"spacer.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-spacer\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-spacer-inner\"><\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-e39f606 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"e39f606\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><em>Elle peint les \u00eatres, la nature, les choses, tels que dans la vie, mais \u00e0 travers sa sensibilit\u00e9 personnelle : des jeunes femmes reposant au jardin, telle autre attentive au piano dans l&#8217;ombre de la demeure, la nature ensommeill\u00e9e sous la chape de la neige ou les arbres s&#8217;\u00e9veillant au printemps. Ainsi dit-elle les choses de la vie, dans une technique apparemment simple tant elle est ma\u00eetris\u00e9e, et d&#8217;ailleurs diversifi\u00e9e par la brosse ou le couteau \u00e0 peindre selon les th\u00e8mes, les choses de la vie dans la v\u00e9rit\u00e9 de leurs tons locaux mais subtilement r\u00e9orchestr\u00e9s, en majeur quand elle partage le plaisir de Bonnard, en mineur quand c&#8217;est la nostalgie de Balthus.<\/em><\/p><p><strong>E. Benezit<\/strong>, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, vol. 5, p.906, 1999.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-inner-section elementor-element elementor-element-41e9ffc elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"41e9ffc\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-17c4915\" data-id=\"17c4915\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\" data-settings=\"{&quot;background_background&quot;:&quot;classic&quot;}\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-32e6eae elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"32e6eae\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><em>La nature ne s\u2019imite pas elle-m\u00eame : elle est toujours abstraite en ce sens, ou concr\u00e8te, cela revient au m\u00eame, disons non-figurative. Un arbre n\u2019est pas une image d\u2019arbre ; une montagne, pas une all\u00e9gorie. La nature ne repr\u00e9sente rien : la pr\u00e9sentation de tout lui suffit. C\u2019est par quoi chaque imitation qu\u2019on en fait s\u2019en \u00e9carte, dans le mouvement m\u00eame qui la reproduit, qui la recr\u00e9e, qui veut la repr\u00e9senter telle qu\u2019elle appara\u00eet, telle qu\u2019elle se donne \u00e0 voir, dans la pure pr\u00e9sentation non repr\u00e9sentative qu\u2019elle offre d\u2019elle-m\u00eame, ou plut\u00f4t qu\u2019elle est. C\u2019est le paradoxe de l\u2019art figuratif, son d\u00e9fi propre, que certains, renon\u00e7ant \u00e0 la figuration, ont voulu fuir (une partie de l\u2019art contemporain se joue l\u00e0), et que Marie Laurence Gaudrat assume ou affronte tranquillement : faire ce que la nature ne fera jamais, cr\u00e9er ce qu\u2019elle ne cr\u00e9e pas, qui n\u2019est pas une abstraction de plus, une pr\u00e9sentation de plus (la nature fera toujours mieux), mais la repr\u00e9sentation n\u00e9cessairement in\u00e9dite, dans et par un regard singulier, de ce que la nature, ici ou l\u00e0, pr\u00e9sente, qui est le pr\u00e9sent m\u00eame. Pas besoin de d\u00e9former pour \u00eatre original, ni d\u2019inventer pour \u00eatre neuf ! Il suffit de contempler, et de donner \u00e0 contempler. Il suffit d\u2019aimer, et de donner \u00e0 aimer. La nature n\u2019est pas une \u0153uvre d\u2019art. C\u2019est qu\u2019il n\u2019est d\u2019art qu\u2019humain, et d\u2019humanit\u00e9 peut-\u00eatre qu\u2019artistique.<\/em><\/p><p><em>C\u2019est \u00e0 quoi je pensais, en regardant les toiles de Marie Laurence Gaudrat. Quel courage, dans son apparente humilit\u00e9 ! Quelle audace, dans tant de douceur, de simplicit\u00e9, de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 ! Celle-l\u00e0 ne rivalise pas avec la nature : elle la regarde, elle la c\u00e9l\u00e8bre, elle transmet l\u2019\u00e9motion qu\u2019elle en re\u00e7oit. \u00ab Le monde est le visage de la nature \u00bb, a \u00e9crit mon ma\u00eetre Marcel Conche. C\u2019est ce visage que Marie Laurence Gaudrat ne cesse d\u2019observer, d\u2019admirer, de peindre, comme un portrait infini et toujours recommenc\u00e9. Les humains en font partie : leurs visages \u00e0 eux, lorsqu\u2019elle les peint, font comme d\u2019autres paysages, simplement plus proches de nous, plus fraternels, plus nus peut-\u00eatre, dans le visage in\u00e9puisable de la nature. Le monde est un : le monde est beau. Du moins c\u2019est ainsi qu\u2019elle le voit, qu\u2019elle veut le voir, et qu\u2019elle nous apprend \u00e0 le regarder. Id\u00e9alisme ? Optimisme ? Peut-\u00eatre, mais qui est aussi une forme d\u2019engagement, de libert\u00e9, comme un refus d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de l\u2019horreur, de la vulgarit\u00e9, de la violence, comme un r\u00e9alisme apais\u00e9, purifi\u00e9, sublim\u00e9. C\u2019est o\u00f9 l\u2019esth\u00e9tique touche \u00e0 l\u2019\u00e9thique, comme l\u2019art \u00e0 la spiritualit\u00e9. Celle-l\u00e0 peint comme on prie, comme on rend gr\u00e2ce : oraison de qui\u00e9tude et de labeur. La paix et le travail vont ensemble, ensemble l\u2019effort et le repos. Luxuriance de la nature, simplicit\u00e9 presque na\u00efve et tr\u00e8s savante de l\u2019artiste : cela fait, \u00e0 la rencontre des deux, comme un silence lumineux et tr\u00e8s doux, qui ressemble au bonheur.<\/em><\/p><p><em>Voyez cet horizon immense, dans le petit format de la toile, ou ce vallon secret, ou cette route en pente (H\u00e9raclite : \u00ab Le chemin qui monte et qui descend, un et le m\u00eame ! \u00bb), ou ce hameau enfoui dessous les arbres, cette barri\u00e8re, ce coin de jardin, regardez ce vieux paysan, ce jeune citadin, ou cette jeune femme qui dort, cette autre qui lit, cette autre qui a pos\u00e9 son livre sur ses genoux, cette autre encore, vue de dos, qui r\u00eave \u00e0 la fen\u00eatre ou qui attend\u2026 Le monde est l\u00e0 : la vie est l\u00e0, comme dirait Verlaine, simple et tranquille. Comme il faut \u00eatre habile pour la peindre simplement ! Vigueur de la touche, solidit\u00e9 des formes, subtilit\u00e9 chaleureuse de la palette, densit\u00e9 des mati\u00e8res, libert\u00e9 des postures, sensualit\u00e9 des corps, v\u00e9rit\u00e9 burin\u00e9e ou caress\u00e9e des visages, l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 des ciels et du regard\u2026 Notre peintre a la simplification heureuse, la puissance d\u00e9licate, la libert\u00e9 exigeante. Elle a du talent et du m\u00e9tier, beaucoup de fra\u00eecheur, d\u2019humilit\u00e9, de spontan\u00e9it\u00e9. Elle conna\u00eet l\u2019histoire de la peinture comme personne ; elle peint comme si personne avant elle ne l\u2019avait fait. Elle s\u2019est lib\u00e9r\u00e9e de ses ma\u00eetres : elle n\u2019a d\u2019autre ma\u00eetre, comme eux tous, que la nature.<\/em><\/p><p><em>Toiles de plein air : toiles d\u2019\u00e9t\u00e9, le plus souvent, et campagnardes presque toujours. Ce n\u2019est pas une constante de cette artiste (elle a peint aussi, fort bien, des sc\u00e8nes d\u2019int\u00e9rieurs, et la ville, et l\u2019hiver), mais une tendance de plus en plus marqu\u00e9e, une dominante, comme on dirait en musique, en tout cas une singularit\u00e9 de ces ann\u00e9es-ci. Ce sont ses Bucoliques \u00e0 elle, ou ses G\u00e9orgiques, que Virgile sans doute aurait aim\u00e9es. Cela dit quelque chose de ce qu\u2019il y a d\u2019\u00e9ternel dans cette peinture, qui explique le peu de cas que la mode ou les m\u00e9dias en font. Peu importe : les modes se d\u00e9modent, les journaux passent, la nature et l\u2019art demeurent. Marie Laurence Gaudrat est un peintre contemporain, au meilleur sens de l\u2019expression : un peintre d\u2019aujourd\u2019hui et de toujours.<\/em><\/p><p><em>Notre artiste aime les grands espaces, les ciels clairs, la chaleur, la lumi\u00e8re, les bl\u00e9s m\u00fbrs\u2026 (On pense \u00e0 P\u00e9guy : \u00ab Heureux les \u00e9pis m\u00fbrs et les bl\u00e9s moissonn\u00e9s\u2026 \u00bb Mais c\u2019est la paix ici qui triomphe, et la vie qui continue). L\u2019\u00e9t\u00e9 est la saison de la gratitude, et c\u2019est pourquoi sans doute il lui pla\u00eet tant : chacune de ces toiles fait comme une action de gr\u00e2ce, comme un ex-voto de lumi\u00e8re et de grand vent, comme un p\u00e8lerinage dans l\u2019immanence, comme une pri\u00e8re, j\u2019y reviens, mais qui n\u2019aurait rien \u00e0 demander, tout \u00e0 accueillir et recueillir. Pri\u00e8re \u00e0 qui ou \u00e0 quoi adress\u00e9e ? La peinture ne r\u00e9pond pas. Le monde non plus. Ce myst\u00e8re-l\u00e0, qui les contient, fait partie de leur beaut\u00e9.<\/em><\/p><p><strong>Andr\u00e9 Comte-Sponville, <\/strong>Faites entrer l&#8217;infini n\u00b070, d\u00e9cembre 2020<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-inner-section elementor-element elementor-element-224efaf elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"224efaf\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-416a5e6\" data-id=\"416a5e6\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-9c699e9 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"9c699e9\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><em>Proposer \u00e0 un musicien, f\u00fbt-il peintre du dimanche, de pr\u00e9facer le catalogue de cette nouvelle exposition de Marie Laurence Gaudrat, c\u2019est s\u2019exposer \u00e0 des commentaires inattendus, \u00e0 des comparaisons os\u00e9es. Cependant, pr\u00e8s de trente-cinq ans d\u2019amiti\u00e9 et de connivence artistique m\u2019autorisaient sans doute \u00e0 le faire. Accoutum\u00e9 de longue date \u00e0 ses champs de bl\u00e9s, \u00e0 ses vastes panoramas ruraux ponctu\u00e9s de b\u00e2timents agricoles, d\u2019un hameau ou d\u2019un clocher, \u00e0 ses marines sentant l\u2019air vivifiant du large, devais-je m\u2019attendre \u00e0 traiter d\u2019un horizon nettement plus circonscrit par \u00ab l\u2019ombre des g\u00e9ants \u00bb ? Et comme il peut sembler incongru de parler d\u2019ombre \u00e0 propos d\u2019une artiste chez qui le sujet central, qu\u2019il soit cheval ou statue, est toujours baign\u00e9 d\u2019une clart\u00e9 vive, effectivement renforc\u00e9e par les ombres environnantes.<\/em><\/p><p><em>\u00ab \u00c0 l\u2019ombre des g\u00e9ants \u00bb n\u2019\u00e9voque pas plus la Chauss\u00e9e des G\u00e9ants irlandaise qu\u2019un coin rocailleux du Lub\u00e9ron, pays dont Marie Laurence a si bien su capter la lumi\u00e8re drue. Et si rochers il y a, ce sont ceux des Gorges d\u2019Apremont dans la for\u00eat de Fontainebleau, aux portes de Barbizon. Car c\u2019est dans ces sous-bois, se prot\u00e9geant de la canicule de l\u2019\u00e9t\u00e9 pass\u00e9, que Marie Laurence Gaudrat a choisi de planter son chevalet presque deux si\u00e8cles apr\u00e8s Corot et les \u00ab plein-airistes \u00bb comme les nommait la presse ironique de l\u2019\u00e9poque. En l\u2019occurrence, les g\u00e9ants ne sont pas les rochers mais les arbres qui les surplombent. Ni s\u00e9quoias ni ceux du jeune Mondrian &#8211; encore que le marronnier nogentais et hivernal, tout en courbes, s\u2019en rapprocherait quelque peu &#8211; ce sont plut\u00f4t de majestueux ch\u00eanes rouvres comme le Sully, au pied duquel se tapit un rocher aux formes presque animales. Pour mieux faire appr\u00e9cier la taille r\u00e9elle de ses g\u00e9ants, Marie Laurence a eu, par souci du contraste et de l\u2019\u00e9chelle, l\u2019id\u00e9e d\u2019int\u00e9grer au paysage une pr\u00e9sence humaine, un ami peintre, si discret qu\u2019on le remarque \u00e0 peine tant il semble menu nonobstant le format cons\u00e9quent du tableau.<\/em><\/p><p><em>Pour compl\u00e9ter son exploration bellifontaine, Marie Laurence s\u2019est rendue aux deux extr\u00e9mit\u00e9s de la for\u00eat, \u00e0 l\u2019ouest d\u2019une part, aux Grandes Vall\u00e9es, chez ses amis Michelin : au menu, des arbres, toujours \u2013 pins, bouleaux et ch\u00e2taigniers -, un cabanon, et par-dessus tout, ces portes et fen\u00eatres vues du dedans et ouvertes sur l\u2019ext\u00e9rieur qu\u2019elle affectionne tant, faisant en sorte que nous soyons happ\u00e9s par le plein air, comme irr\u00e9pressiblement attir\u00e9s dans le jardin inond\u00e9 de soleil. Puis \u00e0 l\u2019est de la for\u00eat, dans le village de Thomery o\u00f9 se situe le ch\u00e2teau de la peintre animali\u00e8re Rosa Bonheur avec sa pittoresque tourelle-atelier. On comprend le d\u00e9sir d\u2019honorer la m\u00e9moire de celle qui fut tant appr\u00e9ci\u00e9e pour ses sc\u00e8nes rustiques au moyen de quelques portraits souriants d\u2019une jeune femme rencontr\u00e9e sur place, posant notamment avec un magnifique chartreux au pelage iris\u00e9 par l\u2019\u00e9clat de la lumi\u00e8re.<\/em><\/p><p><em>Mais l\u2019hommage sera principalement rendu \u00e0 d\u2019autres g\u00e9ants, plus impr\u00e9vus quoique entrevus dans ce m\u00eame lieu il y a un an : les grands ma\u00eetres du pass\u00e9. On parle, faute de mieux, de \u00ab copies \u00bb, terme impropre qui insinue un travail de faussaire ou un r\u00e9barbatif pensum d\u2019\u00e9tudiant. Marie Laurence Gaudrat ressent au contraire cette activit\u00e9 comme une \u00ab bouff\u00e9e jubilante \u00bb, empreinte \u00e0 la fois de fid\u00e9lit\u00e9 et de libert\u00e9, en communion avec des \u0153uvres qui nous accompagnent avec amour tout au long de l\u2019existence, de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019elle se retrouve en communion avec la nature lorsqu\u2019elle peint un paysage. Risquerais-je le mot d\u2019 \u00ab interpr\u00e9tation \u00bb, analogue \u00e0 celle du musicien, lorsqu\u2019il pr\u00e9sente en concert \u00ab sa \u00bb version d\u2019une partition immortelle ? De variations lorsqu\u2019un compositeur prend pour sujet la m\u00e9lodie d\u2019un confr\u00e8re d\u2019une autre g\u00e9n\u00e9ration ? Apr\u00e8s tout, les grands ma\u00eetres d\u2019autrefois copiaient aussi leurs a\u00een\u00e9s ou travaillaient \u00e0 leur imitation en y apportant leur touche personnelle. Tel est le cas de la Mise au Tombeau du Titien (au mus\u00e9e du Louvre), revisit\u00e9e par G\u00e9ricault et Delacroix, et \u00e0 nouveau par notre artiste. Et Andr\u00e9 Gide de faire remarquer, \u00e0 propos de Poussin, que \u00ab la beaut\u00e9 du monde ext\u00e9rieur ne le laissait pas insensible, mais (que) c\u2019est au contact des \u0153uvres d\u2019art qu\u2019il prit conscience de sa vocation \u00bb ; qu\u2019au fond, on est d\u2019autant plus soi-m\u00eame en h\u00e9ritant de la tradition qui, seule, permet d\u2019\u00e9tablir de stimulantes comparaisons.<\/em><\/p><p><em>Poussin, justement, avec sa Bacchanale en grand format, son ciel gris de tapisserie et sa guitare, ainsi que des sc\u00e8nes mythologiques comme ce char solaire d\u2019Apollon flottant dans la lumi\u00e8re, pr\u00e9lev\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne de Diane et Endymion. Pr\u00e9lev\u00e9, car Marie Laurence s\u2019ing\u00e9nie \u00e0 modifier les formats originaux, isolant et agrandissant tel d\u00e9tail, tel visage au point d\u2019en faire un nouveau tableau, lorsque l\u2019immense Lavement des Pieds du Tintoret conserv\u00e9 au Prado se voit, quant \u00e0 lui, diminu\u00e9 de huit fois son format !<\/em><\/p><p><em>La lumi\u00e8re et la couleur, on s\u2019en doute, \u00e9clairent, disons-le, le choix des toiles r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9es. J\u2019en veux pour preuve le rai qui inonde Saint-Joseph dans la Nativit\u00e9 d\u2019apr\u00e8s Matthieu Le Nain ou le shako du Hussard de G\u00e9ricault. Ce qui nous surprendra davantage, venant d\u2019une artiste habitu\u00e9e \u00e0 repr\u00e9senter la nature dans son apparente placidit\u00e9, c\u2019est son int\u00e9r\u00eat pour des r\u00e9alisations privil\u00e9giant un mouvement \u00e0 la dramaturgie presque baroque ou, ce qui revient au m\u00eame, emport\u00e9es dans un geste romantique. Ainsi des G\u00e9ricault, ainsi du Portement de Croix du Tintoret, tr\u00e8s en p\u00e2te, qui t\u00e9moigne d\u2019une violence pulsionnelle ex\u00e9cut\u00e9e au fil du pinceau. Ce qui pourrait passer pour un paradoxe n\u2019en est pas un, en r\u00e9alit\u00e9, car, dans sa peinture de plein air, Marie Laurence sugg\u00e8re une vie dont les senteurs se respirent et les sons se per\u00e7oivent. L\u2019odeur de la terre et de la v\u00e9g\u00e9tation nous p\u00e9n\u00e8tre, la paille cr\u00e9pite dans la chaleur, l\u2019\u00e9glise s\u2019appr\u00eate \u00e0 carillonner, et jusque dans les bosquets du parc de Versailles r\u00e9sonne une chasse \u00e0 courre.<\/em><\/p><p><em>Debussy disait de la musique de D\u00e9odat de S\u00e9verac, ce chantre de la terre m\u00e9ridionale, qu\u2019elle sentait bon. De m\u00eame, en vous invitant \u00e0 contempler sa peinture, Marie Laurence Gaudrat vous convie \u00e0 la humer et \u00e0 l\u2019\u00e9couter chanter.<\/em><\/p><p><strong><span class=\"author\">Bruno Gousset<\/span><\/strong>, pr\u00e9face au catalogue de l&#8217;exposition <em>\u00ab<\/em><span class=\"italic\">\u00c0 l&#8217;ombre des g\u00e9ants<em>\u00bb<\/em>, Atelier Val\u00e9rie Michelin &#8211; 2019<\/span>.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-inner-section elementor-element elementor-element-7536613d elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"7536613d\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-42bc5fee\" data-id=\"42bc5fee\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\" data-settings=\"{&quot;background_background&quot;:&quot;classic&quot;}\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-43f06762 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"43f06762\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><em>M\u00e9fions-nous de notre premi\u00e8re impression, c\u2019est peut-\u00eatre la bonne, disait Sacha Guitry. C\u2019est \u00e0 cette premi\u00e8re impression que je veux revenir en \u00e9voquant les paysages de Marie Laurence Gaudrat. Puisque c\u2019est par l\u00e0 qu\u2019ils m\u2019ont interpell\u00e9. Et pardon d\u2019emprunter ce verbe au vocabulaire affect\u00e9 des faux intellectuels, mais c\u2019est pour lui restituer un sens plus concret : mon regard fut v\u00e9ritablement arr\u00eat\u00e9 par un paysage de Gaudrat un jour que, ignorant son \u0153uvre comme son existence, je passais par hasard devant la galerie o\u00f9 elle exposait, rue Jacob. C\u2019\u00e9tait en octobre 1991. Le 2 exactement, pr\u00e9cision qui n\u2019a d\u2019autre int\u00e9r\u00eat pour le lecteur que de lui prouver combien ma rencontre avec Marie Laurence poss\u00e8de \u00e0 mes yeux un caract\u00e8re historique. Je ne dirais pas \u00ab c\u2019\u00e9tait \u00e9crit \u00bb, mais en tout cas c\u2019\u00e9tait appel\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00eatre, d\u2019ailleurs l\u2019occasion m\u2019en est donn\u00e9e ici. Et je l\u2019\u00e9cris d\u2019autant plus volontiers que l\u2019histoire de cette rencontre n\u2019est pas \u00e9trang\u00e8re au sujet qu\u2019on m\u2019a demand\u00e9 de traiter, et qu\u2019elle me permettra encore une fois de parler de Corot, puisque au bout du compte c\u2019est lui qui a guid\u00e9, peut-\u00eatre mes pas, s\u00fbrement mon \u0153il, vers les toiles de Marie Laurence Gaudrat. On va voir comme.<\/em><\/p><p><em>Ma passion pour Corot m\u2019a conduit \u00e0 \u00e9crire une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre pour \u00e9voquer la vie si peu th\u00e9\u00e2trale, et l\u2019art si peu spectaculaire, de ce grand homme. C\u2019est ce que je faisais en octobre 1991. Ainsi depuis quelques mois vivais-je au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle en compagnie de mon personnage, l\u2019\u0153il uniquement occup\u00e9 \u00e0 sa peinture, l\u2019esprit \u00e0 mon projet, attentif \u00e0 tout ce qui concernait le ma\u00eetre de Ville-d\u2019Avray. Or, en cherchant \u00e0 d\u00e9m\u00ealer les raisons de mon attirance pour sa peinture, j\u2019avais not\u00e9 qu\u2019il y a dans la plupart de ses paysages quelque chose d\u2019unique et de remarquable sur quoi les monographies, quand elles en parlent, n\u2019insistent pas assez. Cela est flagrant dans la majorit\u00e9 des \u00e9tudes d\u2019Italie, mais on peut le d\u00e9celer, une fois que l\u2019\u0153il y est sensible, dans bien d\u2019autres paysages du peintre faits en France ou en Suisse : c\u2019est la qualit\u00e9 exceptionnelle de l\u2019air (il s\u2019agit de peinture, non d\u2019\u00e9cologie). L\u2019air, dans ces paysages que sont, par exemple, le pont de Narni, la vue du Colis\u00e9e, le Mont Soracte, La Trinit\u00e9 des Monts, le moulin \u00e0 Montmartre, n\u2019est pas, comme chez tant d\u2019autres paysagistes, ce vide invisible, cette absence de mati\u00e8re, cette transparence plus ou moins pure mais sans \u00e9paisseur, cet \u00e9l\u00e9ment n\u00e9gligeable et comme ignor\u00e9 de la composition ; il est au contraire palpable, dense, il fait partie du paysage comme ces collines, ces arbres, ces fabriques, ces rivi\u00e8res. Partant, il a une temp\u00e9rature (je ne peux regarder La promenade du Poussin sans \u00e9prouver fugitivement l\u2019envie de mettre une petite laine tant l\u2019atmosph\u00e8re semble subitement s\u2019y rafra\u00eechir), il a une qualit\u00e9 tactile : il est humide, vaporeux, sec, piquant, doux, poussi\u00e9reux, cristallin, l\u00e9ger ou pesant, vivifiant ou l\u00e9nifiant. Ainsi, entre notre \u0153il et la ligne d\u2019horizon, il y a plus que l\u2019espace dont la perspective suffit \u00e0 donner l\u2019illusion, plus que la profondeur o\u00f9 la lumi\u00e8re s\u2019ab\u00eeme, plus que la beaut\u00e9 plastique de la nature, il y a cette masse d\u2019air translucide et compacte dont le tableau est plein. On pourrait, semble-t-il, y mordre comme en un fruit. Au sens \u00e9lectrique du terme, cet air-l\u00e0 est conducteur : il met notre regard en contact avec chaque plan du tableau jusqu\u2019au plus lointain, d\u2019o\u00f9 cette impression de plus compl\u00e8te possession. Parvenir \u00e0 nous procurer ces sensations, qui rel\u00e8vent de correspondances baudelairiennes, est un des tours de force de l\u2019artiste. Je n\u2019en fais pas un crit\u00e8re esth\u00e9tique pour estimer un paysagiste ; pas plus que le paysagiste n\u2019en doit rechercher l\u2019effet, il ne peut l\u2019obtenir que par surcro\u00eet, apr\u00e8s tout le reste. Comment y parvient-il, ce n\u2019est pas mon affaire. En ce qui concerne Corot, c\u2019est une gr\u00e2ce suppl\u00e9mentaire et personnelle, comme on en accorde d\u2019un autre genre et d\u2019aussi rares \u00e0 Vermeer, \u00e0 Rembrandt, \u00e0 Chardin. Mais les autres paysagistes, ant\u00e9rieurs ou post\u00e9rieurs \u00e0 Corot, ne l\u2019ont pas. Son confr\u00e8re et ami Daubigny a bien des qualit\u00e9s, pas celle-ci. Les impressionnistes nous donnent bien des impressions, pas celle-ci. (Sauf peut-\u00eatre Sisley, Bazille et Pissaro qui la fr\u00f4lent quelquefois). Bref, je pouvais croire avant le 2 octobre 1991 qu\u2019aucun autre peintre ne me la procurerait. Mais mon \u0153il \u00e9tait \u00e9duqu\u00e9 et pr\u00eat \u00e0 la discerner au besoin. C\u2019est ce qu\u2019il fit en apercevant dans la vitrine de la galerie un champ de bl\u00e9 de Gaudrat. (Et notons qu\u2019il fallait que l\u2019impression f\u00fbt nette pour qu\u2019un champ de bl\u00e9 si plat, si simple, si modeste, ret\u00eent mon attention. C\u2019\u00e9tait aborder son \u0153uvre par la part la plus discr\u00e8te, comme le chercheur d\u2019or soup\u00e7onne l\u2019existence d\u2019un filon par l\u2019observation d\u2019un minuscule caillou) La visite de l\u2019exposition, \u00e0 quoi m\u2019incitait cette d\u00e9couverte, me confirma largement cette premi\u00e8re impression. Et mon \u00e9motion artistique se doubla de la joie d\u2019avoir d\u00e9couvert un peintre. \u00c7a n\u2019arrive pas tous les jours, comme on sait.<\/em><\/p><p><em>Je m\u2019empresse de dire, par \u00e9gard pour sa modestie, que l\u2019id\u00e9e ne me vient pas de comparer l\u2019art de Gaudrat \u00e0 celui de Corot. Elle ne vient, je crois, \u00e0 personne. Je dis simplement qu\u2019ils ont en commun cette facult\u00e9 rare, que cela suffit \u00e0 instaurer entre eux une filiation, que cela suffit surtout \u00e0 faire mon bonheur et, je l\u2019esp\u00e8re, celui de quelques autres.<\/em><\/p><p><em>Je tiens par ailleurs \u00e0 ajouter qu\u2019on chercherait en vain \u00e0 \u00e9prouver cette impression en contemplant une reproduction ; si fid\u00e8le soit-elle, elle ne saurait restituer une sensation aussi fragile. On attendra donc la prochaine exposition pour v\u00e9rifier mes dires.<\/em><\/p><p><em>Revenons pour l\u2019instant \u00e0 celle de la rue Jacob car je n\u2019ai pas achev\u00e9 mon histoire. Je compris bient\u00f4t, entendant malgr\u00e9 moi la conversation qu\u2019elle avait avec un autre visiteur, que l\u2019artiste \u00e9tait pr\u00e9sente, mais je suis d\u2019un naturel r\u00e9serv\u00e9 et il m\u2019en fallait plus pour lui adresser la parole et traduire mon enthousiasme. A peine aurais-je os\u00e9 mettre un mot dans le livre d\u2019or. Corot, encore, me for\u00e7a la main, lorsque je tombai, dans la seconde salle, sur une vue qui ne pouvait que me frapper de surprise puis de b\u00e9atitude : celle des maisons Cabassud \u00e0 Ville-d\u2019Avray, paysage maintes fois trait\u00e9 par le ma\u00eetre, et qui n\u2019a pas suffisamment chang\u00e9 d\u2019aspect depuis 1850 pour qu\u2019on ne puisse l\u2019identifier. Voil\u00e0 ce qui me poussa \u00e0 aborder Marie Laurence. Nous parl\u00e2mes tout une heure de notre admiration commune pour le peintre \u00e0 qui nous devons aujourd\u2019hui notre rencontre et l\u2019amiti\u00e9 qui s\u2019en suivit.<\/em><\/p><p><em>Avant de revenir aux paysages, je m\u2019en voudrais de ne pas dire l\u2019\u00e9pilogue de l\u2019histoire : quand, cinq ans plus tard, la pi\u00e8ce fut mont\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 Jean-Laurent Cochet, il \u00e9tait tout naturel et tout indiqu\u00e9 qu\u2019on en confi\u00e2t la cr\u00e9ation des d\u00e9cors \u00e0 Marie Laurence Gaudrat.<\/em><\/p><p><em>Bien s\u00fbr je n\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 qu\u2019un aspect de la d\u00e9lectation qu\u2019on go\u00fbte aux paysages de Marie Laurence, et je me r\u00e9serve le droit d\u2019\u00eatre plus exhaustif une autre fois, mais au-del\u00e0 de leur beaut\u00e9, du chant et du choix des couleurs ; du jeu savant des valeurs, des ombres et des lumi\u00e8res ; de l\u2019harmonie des compositions, du grand m\u00e9tier dont seul un peintre \u00e0 bon droit peut parler, c\u2019est l\u2019air respirable qui y circule, c\u2019est le souffle qui les habite qui me charme. Et c\u2019est dans ces toiles-l\u00e0 ce qui contribue \u00e0 nous communiquer la plus pr\u00e9cieuse des \u00e9motions artistiques : la joie, et la plus utile des vertus : la sant\u00e9.<\/em><\/p><p><strong><span class=\"author\">Jacques Mougenot<\/span><\/strong>, Les paysages, juin 2000.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-inner-section elementor-element elementor-element-6365bb0 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"6365bb0\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-a3e8738\" data-id=\"a3e8738\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\" data-settings=\"{&quot;background_background&quot;:&quot;classic&quot;}\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-c933ba6 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"c933ba6\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p class=\"quote\"><em>Marie Laurence Gaudrat, dont une r\u00e9cente exposition a confirm\u00e9, s&#8217;il \u00e9tait besoin, le talent, la rigueur et l&#8217;int\u00e9grit\u00e9, r\u00e9alise pleinement, dans, sa peinture, cette harmonie fond\u00e9e sur cette compl\u00e9mentarit\u00e9 de l&#8217;ombre et de la lumi\u00e8re, sur cette consonance des tons, qui rendent le monde vivable et respirable. Il y a quelque chose d&#8217;intens\u00e9ment religieux dans ces tableaux o\u00f9 r\u00e8gne une mani\u00e8re de silence, o\u00f9 les murs et les toits d&#8217;un village s&#8217;accordent \u00e0 l&#8217;\u00e9paisseur de la terre et \u00e0 la subtilit\u00e9s des ciels, o\u00f9 la courbe du front d&#8217;une jeune femme pensive \u00e9pouse la retomb\u00e9e des branches d&#8217;un arbre, o\u00f9 le simple spectacle de la rue m\u00eame donne comme l&#8217;image d&#8217;une J\u00e9rusalem c\u00e9leste. Je ne sais rien des croyances de Marie Laurence Gaudrat, mais ce dont je suis s\u00fbr, c&#8217;est que son art, \u00e2prement, patiemment, consciemment \u00e9labor\u00e9 et construit, fait advenir l&#8217;immutabilit\u00e9 du r\u00e9el, c&#8217;est-\u00e0-dire du bien et du beau, par del\u00e0 la fugacit\u00e9 et l&#8217;incoh\u00e9rence du monde et des choses. Le patrimoine spirituel l\u00e9gu\u00e9 par Poussin, Corot ou C\u00e9zanne est en de bonnes mains.<\/em><\/p><p><strong><span class=\"author\">Michel Marmin<\/span><\/strong>, El\u00e9ments, n\u00b0 94, f\u00e9vrier 1999.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-247f448 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"247f448\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><em>Ch\u00e8re Marie Laurence,<\/em><\/p><p><em>Comme annonc\u00e9 au livre d&#8217;or de la rue Jacob, o\u00f9 toute promesse doit \u00eatre tenue pour sacr\u00e9e, je veux m&#8217;\u00e9tendre ici sur tout le bien que j&#8217;ai pens\u00e9 de ta peinture. Pour en penser du mal, faire des r\u00e9serves, mod\u00e9rer avec discernement son jugement, il faudrait poss\u00e9der un m\u00e9tier que j&#8217;ignore. Et encore&#8230; je doute que le connaisseur \u00e9clair\u00e9, et il n&#8217;y a gu\u00e8re qu&#8217;un autre excellent peintre qui le soit c&#8217;est \u00e0 dire pas grand monde, y trouve \u00e0 redire. Ce n&#8217;est pas un regard critique donc que je porte mais celui, enthousiaste, d&#8217;un amateur, d&#8217;un promeneur nonchalant qui se laisse aller au balancement de ses impressions sans toujours en v\u00e9rifier l&#8217;origine, un vacancier.<\/em><\/p><p><em>J&#8217;ai donc d\u00e9couvert \u00e0 son vernissage, puis vu et revu ton exposition tant attendue, sans flatterie, depuis la pr\u00e9c\u00e9dente. Le jour du vernissage, trop de monde, trop de politesses, trop de distractions, trop d&#8217;impressions confuses, de sentiments divers pour pouvoir en parler, sans compter cette alchimie qui transforme chez moi les pens\u00e9es en \u00e9crit plut\u00f4t qu&#8217;en parole, ce \u00ab scripta manent, verba volant \u00bb qui est l&#8217;alibi des taciturnes. Mais en d\u00e9pit de tout \u00e7a, une impression nette et flagrante, partag\u00e9e par tous ceux qui te connaissent : la certitude d&#8217;un pas franchi, d&#8217;un palier atteint dirait-on injustement, mais pour moi, la confirmation naturelle d&#8217;une ascension qui se poursuit, \u00e0 la gr\u00e2ce de Dieu probablement, c&#8217;est \u00e0 dire \u00e0 la force du poignet, de l&#8217;\u0153il et de l&#8217;esprit. Qu&#8217;est-ce qu&#8217;il y a de chang\u00e9 ? La lumi\u00e8re mieux cern\u00e9e ? Les couleurs plus chantantes ? La mani\u00e8re plus ferme ? La ma\u00eetrise, la maturit\u00e9, la pl\u00e9nitude, plus ceci, moins cela ? Le dire serait bien restrictif, pour l&#8217;\u0153uvre pass\u00e9e d&#8217;abord qui poss\u00e8de \u00e0 plein d&#8217;\u00e9gaux m\u00e9rites, pour l&#8217;\u0153uvre pr\u00e9sente aussi, expliquer c&#8217;est limiter. Sans analyser la chose, sans trop encore savoir d&#8217;o\u00f9 venait cette joie plus chaude, cet \u0153il plus brillant, que me procuraient les tableaux que je d\u00e9couvrais ce jour-l\u00e0, l&#8217;id\u00e9e la premi\u00e8re qui me vint fut \u00ab on se rapproche du foyer \u00bb. Je dis \u00ab on \u00bb parce que tu nous entra\u00eenes un peu avec toi, c&#8217;est la force de l&#8217;artiste de nous faire respirer sur le m\u00eame rythme que lui l&#8217;air qui baigne l&#8217;Olympe, ou tout au moins de nous en donner l&#8217;illusion. Il n&#8217;est pas mauvais de se croire un dieu pendant quelques instants, \u00e7a donne une id\u00e9e &#8211; et une envie &#8211; des hauteurs \u00e0 atteindre. Et je dis \u00ab foyer \u00bb car c&#8217;est le mot qui va bien. Il contient foi, il contient feu, chaleur et lumi\u00e8re. C&#8217;est, en optique, le point o\u00f9 se concentrent les rayons, et dans nos chaumi\u00e8res celui o\u00f9 se rassemble la famille. C&#8217;est \u00ab le point fixe dans l&#8217;\u00e2me \u00bb dont parlent Musset dans ses critiques et Delacroix dans son journal, cet unique n\u00e9cessaire des sto\u00efciens, la source, l&#8217;origine, la fin en soi.<\/em><\/p><p><em>Une fois cette premi\u00e8re impression d\u00e9gag\u00e9e, je m&#8217;\u00e9tais promis de revenir au calme, pour traquer cette id\u00e9e vague en chaque toile, pour m&#8217;impr\u00e9gner de ces paysages et de ces portraits que je ne verrai plus qu&#8217;en souvenir, sauf privaut\u00e9s sp\u00e9ciales, pour reconstruire dans ma m\u00e9moire une p\u00e2le r\u00e9plique de la galerie Fr\u00e9gnac, pour mon plaisir surtout. Je l&#8217;ai fait, sachant bien qu&#8217;il faudrait choisir, que je ne pourrais pas tout emporter, mon \u0153il ayant des mesures moindres que celui de l&#8217;artiste, et ma m\u00e9moire une complexion qui n&#8217;est faite qu&#8217;\u00e0 mon usage.<\/em><\/p><p><em>&#8216;eeeeeeeeefp\u00f9\u00f9\u00f9\u00f9m;,,,,,,,,<\/em><\/p><p><em>Cette ligne vient d&#8217;\u00eatre \u00e9crite par Guismaw qui ne supportant pas qu&#8217;on le d\u00e9laisse pour de vains travaux humains vient de marcher sur mon clavier. Efp\u00f9m, voil\u00e0 tout ce qu&#8217;il trouve \u00e0 dire, cet animal. Il est vrai qu&#8217;il le dit avec souffle, lyrisme, en allongeant consid\u00e9rablement les voyelles. Quant \u00e0 l&#8217;usage de la virgule, il est un peu abusif, \u00e0 moins qu&#8217;elles ne symbolisent ici les griffes qui ponctuent ses adorables pattes. Il a repris maintenant sa place sur son carton, pr\u00e8s de la vitre, observatoire id\u00e9al des mouettes, des nuages et des m\u00e9tros a\u00e9riens, toutes choses vraiment dignes d&#8217;int\u00e9r\u00eat.<\/em><\/p><p><em>Mais revenons rue Jacob. En entrant \u00e0 gauche il y a \u00ab Le soir \u00e0 Uzerche \u00bb. Je ne connais pas Uzerche mais je connais le soir. Le pied du village est d\u00e9j\u00e0 dans la nuit, du creux d&#8217;un vallon sombre, que de nombreux arbres font plus sombre encore, \u00e9mergent les b\u00e2tisses, solides, \u00e9paisses, carr\u00e9es, murs d&#8217;ocre et toits violets, qu&#8217;un clocher simple, et roman sans doute, rassemble sous un ciel de safran. Tout, jusqu&#8217;au format allong\u00e9 de la toile, affirme une stabilit\u00e9 trapue et rassurante, un repos sans scrupule apr\u00e8s que la besogne a \u00e9t\u00e9 faite, aux champs ou \u00e0 la ville, sans d\u00e9monstration et rudement. Le vert, le violet et l&#8217;orang\u00e9 sont, m&#8217;a-t-on appris, les couleurs secondaires, binaires, combinaisons directes des trois couleurs primaires. Un savant nous dira comment leur mariage participe ici de l&#8217;harmonie g\u00e9n\u00e9rale, comment elles influent sur le syst\u00e8me psychosensoriel du sujet, comment l&#8217;affect, le percept et\/ou le concept du regardant sont agis par ces stimuli chromatiques&#8230; coupons lui la parole. Qu&#8217;il s&#8217;exprime s&#8217;il veut ailleurs, dans des revues que nous ne lirons pas, dans des conf\u00e9rences o\u00f9 nous n&#8217;irons pas, dans des cocktails o\u00f9 nous ne sommes pas convi\u00e9s, qu&#8217;il enseigne en facult\u00e9, qu&#8217;il \u00e9crive des livres qui passeront \u00e0 \u00ab Bouillon de culture \u00bb sinon \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9, mais chez moi, qu&#8217;il se taise. La peinture se passe de verbiage comme la m\u00e9decine de latin depuis Moli\u00e8re. Il ne faut que t\u00e2cher de voir. Laisser faire l&#8217;\u0153il puis la m\u00e9moire qui peut seule \u00e0 bon droit dans mon pays \u00e9mettre une opinion. Cette opinion est que devant cette toile, comme devant les autres, un bon, un sain, un avouable d\u00e9sir nous prend : on voudrait marcher dans ces chemins, dormir sous ces arbres, respirer l&#8217;air de ces champs, s&#8217;arr\u00eater dans ces maisons, s&#8217;y restaurer d&#8217;un plat savoureux du pays, et repartir en ayant serr\u00e9 dans ses bras tous ces paysages. Ici, \u00e0 Uzerche o\u00f9 le soir invite \u00e0 la contemplation, c&#8217;est le d\u00e9sir de m\u00e9diter plut\u00f4t que de r\u00eaver qui nous \u00e9treint. C&#8217;est encore r\u00eaver, mais utilement, car l&#8217;endroit exige l&#8217;efficace, le pratique et condamne la complaisance comme la paresse. Sommes-nous en pays huguenot ?<\/em><\/p><p><em>Mais je triche, ce n&#8217;est pas ma m\u00e9moire seule qui parle, j&#8217;ai sous les yeux, sur ma table, la reproduction d&#8217;un soir \u00e0 Uzerche. Je tricherai aussi pour revoir le miracle, la toile o\u00f9 vint ma pr\u00e9f\u00e9rence, blottie dans un recoin de la galerie, \u00ab celle qu&#8217;on ne voit pas tout de suite en entrant \u00bb, la colline de V\u00e9zelay. J&#8217;en poss\u00e8de aussi, gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;an neuf, une photographie. C&#8217;est la colline inspir\u00e9e, l&#8217;All\u00e9luia, le chant d&#8217;action de gr\u00e2ce \u00ab pour cette chose d&#8217;or qui s&#8217;appelle le jour \u00bb, un choral ordonn\u00e9 de liesse. Chaque petite maison, chaque sillon, chaque courbe, chaque bosquet, chaque d\u00e9tail, comme chaque morceau de verre d&#8217;un vitrail, ni plus ni moins que son voisin, pousse sa note de rossignol vers ce ciel d&#8217;orange, d&#8217;or et d&#8217;anges. C&#8217;est par cette hymne \u00e0 la joie qu&#8217;il faudrait terminer une symphonie et mon papier, mais je br\u00fble les \u00e9tapes et dans un acc\u00e8s de gloutonnerie heureuse j&#8217;ai mang\u00e9 mon dessert en premier et sans vergogne. Un vacancier, vous dis-je. La toile fut vendue le premier jour, heureux celui qui se l&#8217;est offerte car il aura chez lui, pour les moments de vague \u00e0 l&#8217;\u00e2me, comme nos grands-m\u00e8res avaient un cordial bienfaisant dans leur armoire \u00e0 pharmacie, ce vivace et riant chant d&#8217;all\u00e9gresse. C&#8217;est Haendel au pays de Colette. Qui aurait pens\u00e9 \u00e0 les associer ? Quand on parle de Colette, Guismaw se manifeste&#8230;<\/em><\/p><p><em>Et puisque j&#8217;ai long\u00e9 le mur, continuons par l&#8217;autre merveille, sa voisine : \u00ab Bel air en Vivarais \u00bb, la bien nomm\u00e9e. J&#8217;y retrouve cette qualit\u00e9 d&#8217;air que, je l&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 dit, je ne reconnais qu&#8217;aux Corot d&#8217;Italie, qu&#8217;\u00e0 quelques Sisley et pour la lumi\u00e8re int\u00e9rieure aux Fantin-Latour, cette puret\u00e9 palpable, cette transparence solide o\u00f9 l&#8217;\u0153il, s&#8217;il avait des dents, pourrait mordre comme en un fruit, ici plus pomme que p\u00eache, et qui est, je l&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 dit aussi, la premi\u00e8re chose que j&#8217;ai remarqu\u00e9e dans tes toiles, car cette sensation tactile, cette impression, \u00e0 savoir que l&#8217;artiste a su peindre non seulement le paysage mais aussi cette \u00e9paisseur, invisible, sans poids &#8211; et de quelle couleur est-elle ? &#8211; qui s\u00e9pare l&#8217;\u0153il de l&#8217;horizon, cet air en somme qui nous entoure, que nous ne voyons plus, que nous ne sentons plus sans pourtant cesser de le respirer, et en quoi nous sommes comme un poisson dans l&#8217;eau, c&#8217;est \u00e0 dire vivants, cette impression, dis-je, est tr\u00e8s rare en peinture mais si nette qu&#8217;elle me frappe partout o\u00f9 je la rencontre. Je n&#8217;en fais pas un crit\u00e8re pour d\u00e9cerner mes pr\u00e9f\u00e9rences car je crois que l&#8217;artiste ne l&#8217;obtient que par surcro\u00eet, comme on dit dans un livre que j&#8217;ai lu. On ne peut chercher \u00e0 peindre l&#8217;invisible mais on y atteint parfois, la preuve. Il n&#8217;y a d&#8217;ailleurs pas que ce miracle dans \u00ab Bel air en Vivarais \u00bb, il y a l&#8217;attirance de cet arbre \u00e0 gauche, dont le feuillage nous h\u00e8le, et l&#8217;ombre nous invite \u00e0 nous allonger l\u00e0, \u00e0 sombrer dans un repos vivifiant, un sommeil peupl\u00e9 de r\u00eaves joyeux et r\u00e9parateurs, \u00e0 moins qu&#8217;on lui pr\u00e9f\u00e8re les cabrioles dans l&#8217;herbage doucement inclin\u00e9 du vallon qui nous entra\u00eene au centre de la toile vers d&#8217;accueillantes b\u00e2tisses.<\/em><\/p><p><em>On respire encore cet air vif et sain avec \u00ab La bastide de Monsieur Bel \u00bb m\u00eal\u00e9 peut-\u00eatre aux odeurs de la ferme, fumier et feu de bois. Derri\u00e8re les fa\u00e7ades rouges on devine des pi\u00e8ces sombres, silencieuses, fra\u00eeches et spacieuses. Je sais qu&#8217;outre la vaste chemin\u00e9e qui garde la m\u00e9moire des anc\u00eatres, il y a dans la cuisine la t\u00e9l\u00e9vision qui fait de Monsieur Bel notre contemporain. Mais l&#8217;artiste bannit de ses tableaux antennes, conduites \u00e9lectriques et fils t\u00e9l\u00e9phoniques, tout ce que l&#8217;homme moderne oppose d&#8217;inharmonieux \u00e0 la nature. Dans ses toiles parisiennes par exemple, on n&#8217;y voit peu ou pas d&#8217;autos, elles nous cacheraient le d\u00e9crochement d&#8217;un escalier, la tache de lumi\u00e8re sur le trottoir, la fuite inclin\u00e9e d&#8217;un mur, qui sont inutiles \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie de la cit\u00e9 mais indispensables \u00e0 l&#8217;\u00e9quilibre du tableau. Corot, et tant d&#8217;autres, composait ainsi, en trichant, ses tableaux, et ce n&#8217;est pas besoin d&#8217;id\u00e9alisation, mi\u00e8vrerie, refus du r\u00e9el, l&#8217;art n&#8217;est pas heureusement copie de l&#8217;apparent, il est pieux mensonge, c&#8217;est, selon la formule d&#8217;un autre, \u00ab l&#8217;homme ajout\u00e9 \u00e0 la nature \u00bb, et c&#8217;est \u00e0 juste titre qu&#8217;ici l&#8217;inhumain est retranch\u00e9 de la nature.<\/em><\/p><p><em>Quittons Monsieur Bel et rejoignons Ludivine au jardin. L&#8217;\u00e9tymologiste qui ne dort que d&#8217;une oreille en moi me souffle qu&#8217;il y a lumi\u00e8re divine dans le titre de ce tableau et \u00ab Le pommier \u00bb qui lui fait pendant ach\u00e8ve l&#8217;id\u00e9e que nous sommes en pr\u00e9sence d&#8217;une Eve tranquille et r\u00eaveuse dans un Eden retrouv\u00e9. Il n&#8217;est pas besoin de cette all\u00e9gorie pour penser \u00e0 certains Rubens, \u00e0 certains Renoir, \u00e0 qui H\u00e9l\u00e8ne Fourment ou Gabrielle servirent de pr\u00e9texte, comme ici Ludivine \u00e0 Marie Laurence, pour exalter les lumi\u00e8res laiteuses, dor\u00e9es et chaudes de la chair, les courbes dansantes et tendres de la femme, en de somptueuses compositions. La bonne dimension, plus grande que nature, du tableau, les emp\u00e2tements lisses ou r\u00e2peux dont tu uses \u00e0 bon escient, la densit\u00e9 des tons, leur franchise, et cette lumi\u00e8re soutenable qui semble \u00e9maner de la chair m\u00eame, participent de cette pl\u00e9nitude heureuse, de cette maturit\u00e9 fruit\u00e9e du sujet et de la peinture. Je n&#8217;ai pu voir cette toile sans penser aux peintres que j&#8217;ai dits et surtout \u00e0 un certain nu dor\u00e9, couch\u00e9 sur un tissu gr\u00e8ge, de Mazo, dont je retrouverais le titre si le catalogue o\u00f9 je le crois reproduit, car je l&#8217;ai vu en vrai au salon, n&#8217;\u00e9tait au fond d&#8217;un carton en souffrance. Tu vois de quoi je parle. Oui, nous sommes dans un Eden, mais dans un Eden domestiqu\u00e9, un Eden sans reptile, ce qui s&#8217;appelle plus simplement un jardin. Car rien ici, ni dans aucune autre toile d&#8217;ailleurs, n&#8217;\u00e9voque le soufre, n&#8217;inspire l&#8217;inqui\u00e9tude ou le tourment. La violence chez Gaudrat n&#8217;est pas brutalit\u00e9 mais \u00e9nergie dompt\u00e9e, la lumi\u00e8re n&#8217;est pas aveuglement mais lucidit\u00e9, la chaleur n&#8217;est pas br\u00fblure mais r\u00e9confort, l&#8217;ombre n&#8217;est pas obscurit\u00e9 mais fra\u00eecheur, la volupt\u00e9, la sensualit\u00e9, la gourmandise, ne sont pas coupables mais nobles et saines, la nature n&#8217;est pas bestiale, rien qu&#8217;animale. Ainsi, et pardon de sauter la vue de Lubersac pour rester dans mon sujet, \u00ab Les fruits d&#8217;automne \u00bb, en d\u00e9pit de l&#8217;emploi audacieux et violent de la couleur rouge, n&#8217;ont rien d&#8217;agressif. Car voil\u00e0 la v\u00e9ritable audace, celle qui, sans provocation, bouscule les barri\u00e8res inutiles non pas pour \u00e9blouir mais pour voir de plus pr\u00e8s. \u00ab Une toile rouge ? C&#8217;est original ! \u00bb diraient Bouvard et P\u00e9cuchet en pensant peut-\u00eatre au gilet de Th\u00e9ophile Gautier. Oui, si \u00ab original \u00bb est pris dans son vrai sens, c&#8217;est \u00e0 dire le contraire \u00ab d&#8217;excentrique \u00bb de quoi il est trop souvent synonyme. Le v\u00e9ritable original, c&#8217;est celui qui a un centre, une origine. Celui-l\u00e0, s\u00fbr de son moyeu, peut tout se permettre, rouler dans tous les chemins, m\u00eame ceux de traverse, et pour chanter les plaisirs de la table, les noces de Pomone et de Bacchus, les fruits d&#8217;automne enfin, pour c\u00e9l\u00e9brer cette joie mature et gourmande o\u00f9 se m\u00e9lange un peu de la nostalgie suave des go\u00fbters de l&#8217;enfance, il peut utiliser sans crainte les harmonies chatoyantes et fuligineuses de la couleur rouge. Il saura \u00e9viter en maniant le vermillon, le cru et l&#8217;agressif, en maniant le carmin, le capiteux et le sanguinaire, en maniant le rose, la mi\u00e8vrerie et la fadeur, si bien qu&#8217;encore une fois l&#8217;harmonie sera atteinte et que notre ivresse, notre soif et notre faim seront spirituelles et non vulgaires. Qui plus est, malgr\u00e9 ces tons chauds et rutilants, le ros\u00e9 semblait sortir de la glaci\u00e8re. C&#8217;est bien ainsi que je l&#8217;ai bu.<\/em><\/p><p><em>De la vue de Lubersac je ne me souviens pas bien, sinon que m&#8217;a frapp\u00e9 son ciel \u00e9tonnamment rose, qu&#8217;il \u00e9tait l&#8217;heure o\u00f9, comme dit Colette encore &#8211; mais tu peins comme elle \u00e9crit &#8211; \u00ab l&#8217;air est plus froid que l&#8217;eau \u00bb, celle o\u00f9, s&#8217;approchant le cr\u00e9puscule, il faudra mettre une petite laine. J&#8217;ai donc vu cette toile, m\u00eame si elle ne s&#8217;est grav\u00e9e dans ma m\u00e9moire que par la temp\u00e9rature. C&#8217;est de cette mani\u00e8re aussi que s&#8217;est grav\u00e9e en moi la premi\u00e8re fois que je l&#8217;ai vue \u00ab La promenade du Poussin \u00bb de Corot, petit joyau qui ne paye pas de mine. De loin ce n&#8217;est rien mais de pr\u00e8s c&#8217;est quelque chose. Rien de plus d\u00e9licat \u00e0 rendre que ces moments pr\u00e9cis et fugitifs de la journ\u00e9e, entre chien et loup, o\u00f9 ni lumi\u00e8re, ni contraste, ni couleur ne peuvent aider l&#8217;artiste dans son projet d&#8217;arr\u00eater notre \u0153il sur le subtil et le discret. C&#8217;est l\u00e0 que les Chardin, les Corot, les Fantin, et les Gaudrat, les chantres de la vie ordinaire triomphent, car ils savent sans tristesse rendre le m\u00e9lancolique, sans ennui peindre le banal et l&#8217;anodin, sans \u00e9clat \u00eatre lumineux. J&#8217;y reviendrai pour les natures mortes du bureau.<\/em><\/p><p><em>Avant de changer de salle et de s&#8217;expatrier, restons un instant devant \u00ab Le village de Pouques Lormes \u00bb \u00e0 parler de la pluie et du beau temps. C&#8217;est devant cette toile, devant ce ciel o\u00f9 s&#8217;affrontent, tels l&#8217;ange et la b\u00eate, le bleu du ciel pur et le plomb des nuages mena\u00e7ants, que vous pourrez tester votre humeur. Est-ce un orage qui s&#8217;ach\u00e8ve ou qui commence ? Le verre est-il \u00e0 moiti\u00e9 vide ou \u00e0 moiti\u00e9 plein ? Gageons, connaissant la nature de l&#8217;artiste, que l&#8217;orage s&#8217;\u00e9loigne, que le beau temps va triompher. Mais alors, dira le sceptique, la toile aurait \u00e9t\u00e9 peinte sous la pluie ? Quant aux personnages qui animent le tableau, ne semblent-ils pas fuir vers leur maison plut\u00f4t qu&#8217;en sortir ? Ce serait selon lui un orage qui s&#8217;annonce ? Soit, et qu&#8217;importe. Acceptons que la pluie nous surprenne, le risque n&#8217;est pas grand. D&#8217;ailleurs ce n&#8217;est pas l\u00e0 marque de pessimisme. Un s\u00e9jour en Afrique nous fera regretter notre climat temp\u00e9r\u00e9, go\u00fbter nos contrastes mesur\u00e9s, appr\u00e9cier nos paisibles villages, nos paysages sans outrance et aimer la pluie et le beau temps pour ce qu&#8217;ils sont, le principe double de la vie.<\/em><\/p><p><em>Soyons franc, je n&#8217;ai pas pour les voyages en g\u00e9n\u00e9ral une grande pr\u00e9dilection, on le sait, et pour l&#8217;Afrique en particulier, je n&#8217;ai nulle attirance. Je br\u00fble il est vrai de contempler pour de vrai les spectacles grandioses de la plan\u00e8te : le grand Canyon, la banquise, le d\u00e9sert, la cordill\u00e8re des Andes, le temple du Bayon, etc. mais je me contenterais fort bien d&#8217;un survol en h\u00e9licopt\u00e8re. En Europe, seule l&#8217;Italie m&#8217;attire au point que j&#8217;y pourrais vivre. Tout \u00e7a, ce n&#8217;est pas voyager. Je me suis toujours m\u00e9fi\u00e9 des voyages. De ceux d&#8217;abord qui ne sont que voyeurisme : on voit un pays comme on l\u00e8che une vitrine. Quant aux fameux voyages qui forment la jeunesse, on sait ce qu&#8217;il faut en penser en voyant combien la jeunesse en effet est form\u00e9e&#8230; Pour bien voyager, dira-t-on dans une r\u00e9daction de lyc\u00e9en, il faudrait vivre un certain temps, sinon dans les m\u00eames conditions que les autochtones, du moins parmi eux. Certes. Encore n&#8217;est-ce pas tout voir d&#8217;un pays, mais au moins en prendre la temp\u00e9rature, en go\u00fbter le climat. Il y aura toujours quand m\u00eame une imposture : le voyageur sait qu&#8217;un jour, dans une semaine, dans un mois, dans un an, il reviendra chez lui, chez soi. Il retrouvera son mode de vie fatalement privil\u00e9gi\u00e9. Ne voyagent que les riches, les pauvres \u00e9migrent. Tous ces arguments, surtout le dernier qui sent la contestation revancharde et sotte, sont un peu fallacieux, je le sais, ce sont les alibis d&#8217;un casanier qui a ses habitudes, ses rep\u00e8res, ses m\u00e9thodes, et redoute l&#8217;\u00e9trange sinon l&#8217;\u00e9tranger. C&#8217;est vrai, comme Montaigne et Guismaw, je suis chat d&#8217;int\u00e9rieur et voyage en moi-m\u00eame avec plus de bonheur et de profit. Je tiens de plus en plus l&#8217;espace pour une illusion, et le temps en revanche me para\u00eet le domaine illimit\u00e9 et inviol\u00e9 o\u00f9 \u00e9tendre mes explorations, c&#8217;est en lui qu&#8217;on voyage, c&#8217;est en soi, o\u00f9 qu&#8217;on aille, et Christophe Colomb n&#8217;a connu que lui-m\u00eame. Qu&#8217;on me laisse explorer mes Indes, j&#8217;en rapporterai moi aussi \u00e9pices et p\u00e9pites. Cependant je ne condamne pas les voyages, encore moins le voyageur. Je respecte son p\u00e9riple, j&#8217;admire parfois ce qu&#8217;il en rapporte, surtout quand, au lieu de diapositives, ce sont des \u0153uvres d&#8217;art.<\/em><\/p><p><em>Si j&#8217;ai fait cette longue digression c&#8217;est pour qu&#8217;on comprenne que je ne regarde pas les toiles rapport\u00e9es d&#8217;Afrique comme celles qui furent glan\u00e9es par chez nous. L&#8217;\u00e9motion artistique a deux causes tout aussi myst\u00e9rieuses : la premi\u00e8re est d&#8217;esth\u00e9tique pure : s\u00e9duction des formes, des lignes, des couleurs, etc. bref, travail \u00e9nigmatique de la mati\u00e8re sur le spectateur, d&#8217;autant plus \u00e9nigmatique qu&#8217;il semble universel et proc\u00e8de de m\u00eame fa\u00e7on sur tous (c&#8217;est ce qui fait par exemple que la proportion dor\u00e9e est pl\u00e9biscit\u00e9e dans le jugement esth\u00e9tique quelles que soient les \u00e9poques et les lieux, ou qu&#8217;une dissonance est per\u00e7ue comme telle par toutes les oreilles), l&#8217;autre cause tient au sujet trait\u00e9, \u00e0 ce qu&#8217;il provoque chez le spectateur, et d\u00e9pend moins de l&#8217;\u0153uvre d&#8217;art que de celui qui la regarde, c&#8217;est le travail de sa m\u00e9moire, de sa culture. Or, en ce qui me concerne, l&#8217;Afrique noire n&#8217;appartient ni \u00e0 l&#8217;une ni \u00e0 l&#8217;autre. Partant, aucun des tableaux de la seconde salle n&#8217;a provoqu\u00e9 chez moi le trouble Proustien, ce frottement en un quelconque point de la m\u00e9moire entre un instant du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent. On dira, comme je l&#8217;ai entendu dire, \u00ab \u00e7a ne me touche pas \u00bb. \u00c7a ne touche par aucun endroit la sph\u00e8re du souvenir, en effet, mais si ces toiles ne parlent pas \u00e0 la m\u00e9moire, elles peuvent parler \u00e0 l&#8217;imagination, qui est faite elle aussi de m\u00e9moire, sinon de quoi ? C&#8217;est ainsi que j&#8217;ai regard\u00e9 \u00ab Mohamed de Bamako \u00bb, \u00ab Le march\u00e9 de Segou \u00bb et les autres. Mais la jouissance, je l&#8217;avoue fut moins compl\u00e8te.<\/em><\/p><p><em>Qu&#8217;on ne voie pas l\u00e0 un d\u00e9dain pour l&#8217;exotisme. Je regarde autrement les tableaux rapport\u00e9s d&#8217;Afrique du Nord par Delacroix, par Renoir, par Monet. C&#8217;est que mes anc\u00eatres y v\u00e9curent. Avant m\u00eame d&#8217;avoir vu de mes yeux le Maroc, ces paysages me parlaient, par quelle oreille ? voil\u00e0 qui est myst\u00e9rieux, mais ils m&#8217;\u00e9taient familiers. Je savais qu&#8217;ils sentaient la figue, le myrte et le thuya.<\/em><\/p><p><em>C&#8217;est \u00e0 \u00ab L&#8217;embarquement sur le Niger \u00bb qu&#8217;est all\u00e9e ma pr\u00e9f\u00e9rence. Cette lumi\u00e8re magnifique dont la beaut\u00e9 m&#8217;est inconnue, on la retrouve dans les tableaux de Fromentin. C&#8217;est \u00e0 lui que j&#8217;ai pens\u00e9. Et que l&#8217;air l\u00e0-bas ne doit pas avoir la m\u00eame saveur qu&#8217;ici. En plus de cette odeur de vase du bord des fleuves, doit r\u00e9gner l\u00e0 un \u00e2cre et discret parfum, comme une odeur de soleil trop dur. Du moins je l&#8217;imagine, que faire d&#8217;autre ? \u00ab Mohamed de Bamako \u00bb m&#8217;a s\u00e9duit par d&#8217;autres qualit\u00e9s. Le traitement l\u00e9ger, la couleur tr\u00e8s dilu\u00e9e, transparente, une aquarelle quasi, et la mise en page tout en hauteur m&#8217;ont \u00e9voqu\u00e9 les Nabis, et notre voisin Vallotton, familier de cette organisation de masses. kiiiiiiiiojhhhhuk Guismaw aussi a senti tout l&#8217;humour de la chose. Je dis l&#8217;humour car je n&#8217;ai pu m&#8217;emp\u00eacher de sourire en voyant cette toile : ce perroquet, cette figure bon enfant, ces couleurs vives, primitives, comme celles des tissus imprim\u00e9s du Cameroun ou du S\u00e9n\u00e9gal, ont tout de m\u00eame rappel\u00e9 du loin de mon enfance, sinon le souvenir d&#8217;une tasse de th\u00e9, du moins de chocolat et le \u00ab Y&#8217;a bon, Banania ! \u00bb jaune, brun et rouge de jadis. Je ne me suis pas limit\u00e9 \u00e0 cette boutade, il y a dans ce portrait, comme dans les autres figures d&#8217;ici ou de l\u00e0-bas, le m\u00eame regard humain port\u00e9 sur l&#8217;humain, celui qui voit d&#8217;un \u0153il non de peintre mais de cong\u00e9n\u00e8re, qui peint en l&#8217;autre ce qui chez lui s&#8217;\u00e9toile. Je n&#8217;ai pas vu de portrait de toi dont les mod\u00e8les parussent antipathiques. Peut-\u00eatre les choisis-tu ainsi, tes mod\u00e8les, &#8211; C\u00e9zanne dit \u00e0 Gasquet qu&#8217;il n&#8217;avait pu peindre Clemenceau car ce dernier ne croyait pas en Dieu &#8211; mais je crois aussi que non contente de faire poser les corps, tu fais poser les \u00e2mes dans une attitude favorable. C&#8217;est Eliante qui tient le pinceau, non C\u00e9lim\u00e8ne. Et il n&#8217;y a pas l\u00e0 de complaisance, d&#8217;indulgence facile et indiff\u00e9rente, de gentillesse beno\u00eete car tu sais \u00eatre dure, s&#8217;il faut, il y a souci d&#8217;\u00e9clairage, n\u00e9cessit\u00e9 de trouver le beau chez l&#8217;autre, m\u00eame s&#8217;il ignore le d\u00e9tenir, m\u00eame s&#8217;il se trompe sur son compte, et sur celui du beau.<\/em><\/p><p><em>La Mosqu\u00e9e de Segoukoro serait d&#8217;une grande \u00e2pret\u00e9, par la raideur de ses deux couleurs et de ses lignes, la cruaut\u00e9 du duel entre le bleu dru du ciel et l&#8217;ocre rouge du pis\u00e9, n&#8217;\u00e9tait l&#8217;homme endormi au sol qui nous assure de la qui\u00e9tude ombrag\u00e9e du lieu. Mais nous sommes peu habitu\u00e9s, d\u00e9cid\u00e9ment, \u00e0 tant de d\u00e9pouillement et de contraste. Revenons \u00e0 nos moutons, ceux de Jeanne d&#8217;Arc, de La Fontaine et du Pays basque, et passons dans le bureau de Fr\u00e9gnac, qui, je le veux ainsi, aujourd&#8217;hui ne sent pas le cigare.<\/em><\/p><p><em>Je suis tomb\u00e9 d&#8217;abord, j&#8217;allais \u00e9crire \u00ab d&#8217;accord \u00bb et c&#8217;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 \u00e0 peine un lapsus, sur un paysage familier. Le titre dit \u00ab Le chemin de Paska-Leku \u00e0 Combo \u00bb, j&#8217;ai suppos\u00e9, \u00e0 la rondeur des monts, \u00e0 leur verdure, au gris humide et lumineux du ciel, que ce Combo n&#8217;\u00e9tait autre que le Cambo d&#8217;Edmond Rostand dont on aura chang\u00e9, par une m\u00e9prise apocalyptique, l&#8217;alpha en om\u00e9ga. Me trompais-je ? Quelle bonne id\u00e9e d&#8217;avoir trait\u00e9 la chose dans ce format. Non pas qu&#8217;il trouverait plus ais\u00e9ment sa place dans un int\u00e9rieur, au-dessus d&#8217;une porte par exemple. Je laisse \u00e0 d&#8217;autres ce souci domestique, \u00ab Faites-moi le m\u00eame en plus petit, que je puisse l&#8217;accrocher chez moi&#8230; \u00bb, on leur donnerait \u00ab La ronde de nuit \u00bb qu&#8217;ils n&#8217;en voudraient pas ne sachant o\u00f9 la mettre. Mais au Pays basque, les montagnes sont humbles, elles moutonnent plus qu&#8217;elles ne s&#8217;\u00e9l\u00e8vent, elles sont amicales, arrondies et recouvertes d&#8217;herbes tendres comme pour ne pas blesser les enfants, le format horizontal leur convient. La fiert\u00e9 du pays est ailleurs et plus sinc\u00e8re. J&#8217;ai retrouv\u00e9 l&#8217;air doux et fin d&#8217;Arnaga qu&#8217;on recommandait au po\u00e8te, la coquetterie simple des chemins et des routes, propret\u00e9 qu&#8217;on ne voit gu\u00e8re chez nous qu&#8217;en Alsace et partout en Suisse. Mais ce n&#8217;est pas propret\u00e9 bourgeoise et maniaque, celle des bigoudis et des patins, ce n&#8217;est pas entretien, c&#8217;est maintien. Ici tu pouvais tout peindre, sans tricher, l&#8217;homme avait d\u00e9j\u00e0 fait ton travail de nettoyage, point besoin d&#8217;omettre en peignant les offenses \u00e0 la vue : il n&#8217;y en a pas. Les hommes l\u00e0-bas appliquent, sans le conna\u00eetre, le conseil d&#8217;Oscar Wilde : \u00ab mettez de l&#8217;art dans votre vie et de la vie dans votre art \u00bb.<\/em><\/p><p><em>On retrouve Ludivine dans deux petits formats du m\u00eame sujet, dans \u00ab Le r\u00eave \u00bb &#8211; est-ce elle qui r\u00eave ou nous qui la r\u00eavons ? Platon lui-m\u00eame aurait de la peine \u00e0 trancher, tant ce sommeil est exemplaire, presque irr\u00e9el et sans m\u00e9lange &#8211; et dans \u00ab Ludivine ensoleill\u00e9e \u00bb o\u00f9 l&#8217;emporte sur tout ce sourire qui rappelle celui de l&#8217;ange de Reims ou celui de Bouddha ou mieux encore car il est plus humain, et c&#8217;est sans doute ainsi qu&#8217;il faut jouer le r\u00f4le, celui d&#8217;Irma Lambert, incarnation domestique d&#8217;un principe divin. Sa place \u00e9tait bien ici, \u00e0 Paris, au milieu de ces natures mortes : \u00ab La cruche corse \u00bb, \u00ab La cafeti\u00e8re de Nogent \u00bb et \u00ab Les deux sublimes coings \u00bb, c&#8217;est moi qui dit sublime et c&#8217;est la convention qui parle de natures mortes car on est \u00e0 nouveau et de plain-pied dans la vie ordinaire chant\u00e9e par le po\u00e8te, basque aussi d&#8217;origine. Ces objets inanim\u00e9s ont trouv\u00e9, apr\u00e8s lui, le peintre qui leur a rendu la parole. Que j&#8217;eusse aim\u00e9 les accrocher sur mon mur pour causer avec eux. Le format vertical (et petit, notez-le, Madame), la composition presque japonaise, leur sied fort bien, c&#8217;est ainsi qu&#8217;on s&#8217;oblige \u00e0 les regarder, \u00e0 les magnifier, comme font justement les Japonais qui savent d\u00e9gager d&#8217;un simple caillou, d&#8217;un banal morceau de bois, d&#8217;une humble goutte d&#8217;eau, la beaut\u00e9 primitive et divine qui \u00e9clate avec plus d&#8217;\u00e9vidence dans les fleurs, les chats et la femme. Ce n&#8217;est pas une cruche et une cafeti\u00e8re que l&#8217;on voit, c&#8217;est la cruche, c&#8217;est la cafeti\u00e8re, pr\u00e9sent\u00e9es avec le m\u00eame respect, avec le m\u00eame soin d&#8217;\u00e9clairage, la m\u00eame rigueur attentive et attendrie qu&#8217;on e\u00fbt mis \u00e0 peindre un portrait. Pour les deux coings, le format carr\u00e9 va de soi, car ce fruit est carr\u00e9, trapu, qui plus est, s&#8217;il rappelle par sa forme la poire, il est plus massif qu&#8217;elle, et ces deux-l\u00e0 sortaient presque du cadre. Ce sont de beaux fruits pleins, plus faits pour \u00eatre peints que pour \u00eatre mang\u00e9s, car ils n&#8217;ont rien d&#8217;app\u00e9tissant, on y laisserait des dents, ils veulent \u00eatre vus avant de finir en confiture. Satisfaits soient-ils.<\/em><\/p><p><em>Et puis il y a des trous de m\u00e9moire, des p\u00e9nitences pour la faute de n&#8217;avoir pas suffisamment regard\u00e9, d&#8217;avoir \u00e9t\u00e9 distrait. Je n&#8217;en saurais rien si je n&#8217;avais gard\u00e9, pour guider ma m\u00e9moire dans son parcours, la liste des \u0153uvres expos\u00e9es. C&#8217;est elle qui me r\u00e9v\u00e8le que je n&#8217;ai aucun souvenir de trois toiles d&#8217;Afrique, pas plus que du \u00ab Ponsard en Ard\u00e8che \u00bb, du \u00ab Lever de soleil \u00e0 Uzerche \u00bb, de \u00ab La maison aux loirs \u00bb et de \u00ab Collonges la rouge \u00bb. Non que ces \u0153uvres fussent inf\u00e9rieures, en l&#8217;occurrence c&#8217;est mon attention qui le fut. Je les ai vues, c&#8217;est s\u00fbr, et j&#8217;en ai \u00e9prouv\u00e9 quelque chose, mais ce sont ici les feintes de la m\u00e9moire, ne parlons pas de trahisons car nous exigeons d\u00e9j\u00e0 trop d&#8217;elle pour lui faire des reproches et son m\u00e9canisme est si subtil qu&#8217;en voulant le forcer nous le d\u00e9r\u00e9glerions. Pour pallier ces lacunes, si l&#8217;on voulait \u00eatre exhaustif, il me faudrait une quatri\u00e8me visite, je ne m&#8217;en plaindrais pas, mais pourquoi vouloir \u00eatre exhaustif, laissons cette manie aux comptables et aux professeurs et restons le vacancier indisciplin\u00e9 qui n&#8217;aura pas fait la visite pr\u00e9vue au programme, celle d&#8217;un chef-d\u2019\u0153uvre peut-\u00eatre, pour s&#8217;\u00eatre attard\u00e9 devant un site moins fameux, pittoresque \u00e0 lui seul.<\/em><\/p><p><em>Je ne partirai pas sans avoir jet\u00e9 l&#8217;\u0153il du souvenir sur la vitrine, o\u00f9 je vis la seule marine que je connaisse de toi, une vue de Saint-Jean-de-Luz, encore n&#8217;est-ce pas s\u00fbr qu&#8217;elle ait droit au titre de marine, mais ses tons frais et pimpants dans une lumi\u00e8re franche et nacr\u00e9e de bord de mer m&#8217;y firent voir, s&#8217;il m&#8217;en souvient bien, un port de plaisance ? des bateaux ? voici que la vision incertaine s&#8217;estompe, que la m\u00e9moire fatigue comme un r\u00eave se dissipe, la rue me r\u00e9veille et la vie me happe, il faut aller prendre le 95 et jouer Corot.<\/em><\/p><p><em>Saurai-je parler peinture, moi qui n&#8217;en poss\u00e8de pas la technique ? Je ne suis qu&#8217;un profane, en qu\u00eate de sacr\u00e9 il est vrai, mais un ignorant, et c&#8217;est tant\u00f4t en amateur gourmand et sensuel, tant\u00f4t en visiteur fervent et recueilli, jamais en critique averti et blas\u00e9, que j&#8217;ai vu ton exposition. Par quels proc\u00e9d\u00e9s chimiques, quel maintien du pinceau, quelle fa\u00e7on de poser la couleur, de choisir un support, un format, un angle de vue, par quelle science du dessin, de la composition, de la lumi\u00e8re, r\u00e9ussis-tu \u00e0 nous faire \u00e9prouver, par exemple, des sensations autres qu&#8217;optiques. Tant d&#8217;impressions tactiles, gustatives, olfactives, musicales, ne trouvent pas leur source uniquement dans ma m\u00e9moire, elles doivent na\u00eetre l\u00e0, dans la p\u00e2te, dans le trait, dans la forme. Par quelle facture ? Si j&#8217;\u00e9tais peintre, le saurais-je ? Et sans \u00eatre peintre, quand bien m\u00eame entendrais-je ce vocabulaire, ces termes obscurs de glacis, de frottis, de couleur locale, de demi-teinte, d&#8217;estompe, d&#8217;emp\u00e2tement, de m\u00e9dium, etc. je ne percerais pas le principal myst\u00e8re. Ni toi, sans doute, me dis-je pour me rassurer. Il n&#8217;appartient pas \u00e0 l&#8217;artiste de le cerner. Pas plus qu&#8217;il ne peut cerner ce point fixe autour duquel l&#8217;\u00e2me gravite. Il ne peut, il ne doit, qu&#8217;ob\u00e9ir, en travaillant, aux lois d&#8217;une cosmologie dont le principe nous \u00e9chappe, le reste lui sera donn\u00e9 par surcro\u00eet. La colline de V\u00e9zelay en t\u00e9moigne.<\/em><\/p><p><strong>Jacques Mougenot<\/strong>, Pr\u00e9face de l&#8217;exposition \u00e0 la Galerie Fr\u00e9gnac, 1997.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-inner-section elementor-element elementor-element-1300adb elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"1300adb\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-48bf6e90\" data-id=\"48bf6e90\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-75a9872 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"75a9872\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p class=\"quote\"><em>Avec les ann\u00e9es, la brosse a gagn\u00e9 en largesse. Les jaunes de chrome se fondent librement dans les masses \u00e9meraudes des feuillages. Les reflets color\u00e9s d&#8217;un plat de fa\u00efence ocre, de quelques pommes vermillonn\u00e9es, qui se gravent dans le m\u00e9tal froid de la cafeti\u00e8re, sont devenus plus incisifs. La margelle du lavoir fixe dans ses ombres une d\u00e9clinaison de gris bleut\u00e9s qui trahit l&#8217;usure du temps. S\u00fbre d\u00e9sormais de ses moyens, Marie Laurence Gaudrat poursuit, de toile en toile, sa qu\u00eate d&#8217;une expression propre, en retenant dans la texture granuleuse de sa p\u00e2te la pl\u00e9nitude d&#8217;un instant de bonheur. Sa r\u00e9cente exposition consacr\u00e9e aux vieux quartiers de paris, de la place Saint-Sulpice au march\u00e9 d&#8217;Al\u00e9sia, t\u00e9moigne de cette originalit\u00e9 profonde, qui, pour un peintre, est autant dans son intellect que dans son regard. Un point de vue singulier suffit parfois pour modifier l&#8217;apparence du site le plus familier. Le d\u00f4me de l&#8217;Institut, consid\u00e9r\u00e9, de bas en haut, depuis le petit square voisin, prend, sous la lumi\u00e8re dor\u00e9e du printemps, le profil d&#8217;une coupole romaine. Une composition toute en frise, avec un point de fuite d\u00e9centr\u00e9 et plac\u00e9e tr\u00e8s loin dans la toile, comme La rue de l&#8217;Arbal\u00e8te, r\u00e9v\u00e8le une solidit\u00e9 des valeurs d&#8217;ascendance masacienne. Avec ses ombres trou\u00e9es de lumi\u00e8re et ses lumi\u00e8res plaqu\u00e9es d&#8217;ombres, les vieux pans de murs des immeubles, un tantinet de guingois, presque affaiss\u00e9s sur eux-m\u00eames, dissimulent une sc\u00e9nographie originale sous les apparences de la tradition.<\/em><\/p><p><strong><span class=\"author\">Patrice Dubois<\/span><\/strong>, <span class=\"italic\">Univers des Arts<\/span>, n\u00b0 6, avril 1995.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-inner-section elementor-element elementor-element-779daa08 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"779daa08\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-73c62ac4\" data-id=\"73c62ac4\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\" data-settings=\"{&quot;background_background&quot;:&quot;classic&quot;}\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-7fd7dabf elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"7fd7dabf\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p class=\"quote\"><em>Par son souci de justesse \u00e0 peindre le r\u00e9el, Marie Laurence Gaudrat est une &#8220;romanci\u00e8re&#8221; de la peinture au sens de la discipline de l&#8217;\u00c9cole fran\u00e7aise : jeune fille lisant \u00e0 l&#8217;ombre d&#8217;une fontaine \u00e0 l&#8217;heure de midi sur une place de Provence, regard de femme dans la glace d&#8217;un mas vers une autre femme qui dort \u00e0 l&#8217;heure du farniente. La vie est peinte, immobile, dans la saveur des transparences, des demi-tons. Rien de fortuit dans cet art qui n&#8217;\u00e9lude aucune des valeurs picturales : dessin, forme, couleur, composition, mati\u00e8re\u2026 Gaudrat allie l&#8217;ordre et la v\u00e9rit\u00e9 dans une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 \u00e9loquente, une grandeur mesur\u00e9e, sans exc\u00e8s, sans l\u00e2ch\u00e9 de forme. La mati\u00e8re est grenue, lentement travaill\u00e9e pour donner les plus tendres roses ombr\u00e9s, des gris bourrach\u00e9s translucides et perl\u00e9s, des violets cendr\u00e9s, des blancs cass\u00e9s et baptismaux. Au loin dans le jeu des d\u00e9grad\u00e9s, gouttent la lumi\u00e8re et les ocres mordor\u00e9s. Une v\u00e9rit\u00e9 peinte empreinte de charme. Chaque personnage est dans ses r\u00e9flexions, ses pens\u00e9es, ses r\u00eaves, chaque paysage est dans la juste atmosph\u00e8re.<\/em><\/p><p><strong><span class=\"author\">Guy Vignoht<\/span><\/strong>, <span class=\"italic\">Arts Actualit\u00e9s Magazine<\/span>, mars 1991.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-inner-section elementor-element elementor-element-6d38280b elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"6d38280b\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-3109f5de\" data-id=\"3109f5de\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-103814ed elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"103814ed\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p class=\"quote\"><em>Ce point de d\u00e9part pris dans la r\u00e9alit\u00e9 est aussi le propre des paysages de Gaudrat. Tant\u00f4t le tableau \u00e9clate, s&#8217;emplit de clart\u00e9 et respire comme dans celui intitul\u00e9 Matin\u00e9e au port des mariniers, tant\u00f4t la facture devient plus rapide et retrouve un flou caract\u00e9ristique de l&#8217;atmosph\u00e8re dans laquelle baignent les peintures de Gaudrat, telle que la gouache de L&#8217;\u00c9cluse. Cette derni\u00e8re entre dans un th\u00e8me g\u00e9n\u00e9rique qu&#8217;on pourrait r\u00e9sumer de &#8221; paysage avec eau &#8220;. En effet, l&#8217;\u00e9l\u00e9ment aquatique prend la place de leitmotiv dans les tableaux de Gaudrat.<\/em><br><em>En somme, les toiles de Marie Laurence Gaudrat nous enseignent comment vivre mieux dans notre monde, en y trouvant les plaisirs premiers, les vraies valeurs et la po\u00e9sie qui s&#8217;y dissimulent.<\/em><\/p><p><strong><span class=\"author\">Christophe Nemoz-Rajot<\/span><\/strong>, <span class=\"italic\">Les Affiches<\/span> (Grenoble), 1986.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-inner-section elementor-element elementor-element-4444f295 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"4444f295\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-62a389be\" data-id=\"62a389be\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\" data-settings=\"{&quot;background_background&quot;:&quot;classic&quot;}\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-6641a71e elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"6641a71e\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p class=\"quote\"><em>Marie Laurence a acquis ainsi, \u00e0 force d&#8217;observer la nature, de d\u00e9canter ses sensations un sens particulier des formes : de leur essence et de leur imbrication. Elle sait les lier dans leur rythme, leur ton propre et surtout leur valeur. Les effets de mati\u00e8re qu&#8217;elle varie en fonction des moments du tableau, alternant les plages au couteau et celles \u00e0 la brosse, et parfois les conjuguant, donnent \u00e0 sa peinture une coh\u00e9rence d&#8217;expression singuli\u00e8re.<\/em><br><em>Ici, une touche grenue, qu&#8217;elle transpose m\u00eame dans ses gouaches, restitue la rugosit\u00e9 de l&#8217;\u00e9corce des arbres ; l\u00e0 une \u00e9criture plus fondue, pos\u00e9e dans le frais de la mati\u00e8re, sugg\u00e8re les cr\u00e9pis des murs us\u00e9s ; l\u00e0 encore des tons marbr\u00e9s, travaill\u00e9s d&#8217;une lame volontaire, ressuscitent la vision m\u00e9lancolique d&#8217;une figure d\u00e9couverte dans l&#8217;ombre.<\/em><br><em>Mais l&#8217;aspect le plus original de l&#8217;art de Marie Laurence Gaudrat r\u00e9side probablement dans ses compositions d&#8217;int\u00e9rieurs, des sc\u00e8nes d&#8217;atelier qui annoncent dirait-on de nouvelles ambitions. Qu&#8217;elle se repr\u00e9sente seule ou parmi ses compagnons, le regard \u00e9nergique ou perdu, elle aura su renouveler par ses larges mises en page un th\u00e8me qui avec ses exigences de synth\u00e8se, des primitifs \u00e0 Pierre Bonnard, a toujours retenu l&#8217;attention des meilleurs.<\/em><\/p><p><strong><span class=\"author\">Patrice Dubois<\/span><\/strong>, <span class=\"italic\">Hospitalisation Priv\u00e9e<\/span>, n\u00b0 228, d\u00e9cembre 1982 &#8211; janvier 1983.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TALK WRITINGS Elle peint les \u00eatres, la nature, les choses, tels que dans la vie, mais \u00e0 travers sa sensibilit\u00e9 personnelle : des jeunes femmes reposant au jardin, telle autre attentive au piano dans l&#8217;ombre de la demeure, la nature ensommeill\u00e9e sous la chape de la neige ou les arbres s&#8217;\u00e9veillant au printemps. 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